Retour à la Terre - Permaculture & Agroécologie

A propos

Cette année, j’ai eu 30 ans et l’homme que je suis aujourd’hui est bien différent de celui que j’étais il y a 10 ans à peine quand j’étais étudiant. A cette époque, j’étais plein de certitudes et de clichés. Etudiant en commerce international, ma vie était tracée : je finirais mes études et intégrerais si « je m’en sors bien » une grosse boîte si possible connue pour toucher un salaire conséquent ce qui me permettrait d’être heureux comme le prétend notre société.

Mais déjà à ce moment là je sentais que la belle histoire qu’on me vendait paraissait un peu bancale… Malgré mon cursus, aucun des postes auxquels j’étais censé aspirer ne me tentait vraiment. Sans parler du fait que je n’avais pas l’impression d’apprendre un vrai métier mais plutôt qu’on me formatait à une certaine façon de réfléchir et de voir le monde. Et au fond de moi je ne me voyais pas travailler 30 ans dans une boîte sans avoir pour « carotte » quelque chose de plus excitant qu’une augmentation, si j’avais bien atteint mes objectifs bien sûr.

Je décide donc de me spécialiser dans l’entreprenariat car d’un côté c’était plus sexy et tendance et de l’autre ça me paraissait une option où je serais plus libre de mes choix.

Et pourtant, cette boîte, je l’intégrai finalement et ma crainte fut confirmée malgré la belle devanture et l’image de marque qu’elle avait si bien réussi à véhiculer à tout le monde. Au bout de quelques semaines, je compris que je ne serais jamais heureux dans une ambiance où l’hypocrisie permanente envers ses collègues, la compétition et le manque de véritable sens se conjuguent au quotidien.

Je me lançai donc dans l’entreprenariat en quête de davantage de liberté et afin de créer mon propre univers. Le souci c’est qu’au fond ce n’était qu’une excuse ou une échappatoire pour ne pas être forcé de m’intégrer à ce monde là qui me dégoûtait tellement, ce choix était donc plutôt fait par dépit et non par réelle motivation…

Après de bons début, je perdis vite la motivation et la peur de ne pas réussir à être « rentable » devint omniprésente. Mais je me donnai corps et âme en entraînant tout le monde avec moi, en espérant trouver l’issue qui nous délivrerait tous et nous rendrait riches et donc libres. Mais sans véritable sens et cause ou plutôt sans conviction on ne fait rien de bien. Nous allions de galère en galère et les choses ne faisaient qu’empirer… Un échec au sens commercial du terme me pendait au nez…

Mais dans cette aventure, j’ai appris que je pouvais vivre avec peu et être malgré tout heureux grâce à des petites choses, des plaisirs simples comme prendre le temps de préparer un bon dîner avec des légumes savoureux, un lever de soleil à la campagne (car oui, nous sommes allés vivre à la campagne pour économiser car nous n’avions que très peu de revenus avec le lancement de la boîte) et surtout je re découvris quelque chose que j’avais connu dans ma tendre enfance et qui ne m’avait au fond jamais quitté, l’amour du potager…

Mais la folle réalité avec tous ses dictats reprit le dessus. Il fallait bien réagir vu que notre projet ne fonctionnait pas, nous n’allions quand même pas nous « laisser vivre » ou « vivre d’amour et d’eau fraîche » quand même, ce serait « gâcher notre potentiel ». La pression de la société, tantôt silencieuse et insidieuse tantôt directe et criante, à travers les médias, les magazines, les avis de la famille et des amis supposés bienveillants, sont autant de limites qui nous ont empêché de nous écouter, de nous laisser aller, de nous donner le temps, de nous faire tout simplement confiance… Et je finis par accepter « cette pseudo réalité », il fallait bien que je rentre dans le rang.

Du coup j’y suis retourné en me mentant à moi-même, mais cette fois c’était pire, encore plus insupportable. En fait, c’était juste physique : mon inconscient me criait de partir, convaincu que ce n’était pas ma voie, que je n’avais rien à y faire et mon corps montrait chaque jour les signes d’une intolérance manifeste. Chaque jour je pleurais au plus profond de moi le désespoir de n’avoir pas trouvé de solution de rechange pour éviter cela et d’être condamné à y rester. Mais au nom de quoi ? De tout ce qu’on nous force à croire indispensable à notre bien-être et surtout à notre EGO.

Ce fut plus fort que moi, je ne pouvais supporter ce malaise… Sans solution de repli aucune, je pris la décision de démissionner au bout de moins de temps que la première fois. Laissant l’univers venir à moi…

Puis la vie reprit le dessus, la vraie vie, celle qui nous rappelle qui nous sommes vraiment et pourquoi on existe, celle qui nous reconnecte avec nos véritables sentiments et instincts d’être humains et rend ridicules certaines de nos préoccupations passées… Boum, l’annonce d’un enfant !

Malgré le fait que nous étions au « chômage » et sans perspective réelle, à partir du moment où nous avons lâché prise, tout est s’est aligné. Au bout de 9 mois, nous nous sommes retrouvés dans une situation confortable que nous n’avions jamais imaginée.

Mais cette histoire ne s’arrête pas là… Car le vrai problème n’était pas réglé. Les questions fondamentales demeuraient en suspens : quelle vie voulions-nous vivre et surtout quel exemple voulions-nous donner à notre fille ?

Notre société capitaliste nous conduit à construire notre existence uniquement par rapport à l’argent qui, en apportant la « sécurité » et l’abondance, est vendu comme le prérequis au bonheur. Or, j’ai enfin compris que le fameux proverbe détenait la vérité. Non, la course effrénée à l’argent ne garantit en rien la paix intérieure, je dirais même que c’est le contraire. La vraie question est « qu’est ce qui me fait me sentir bien, vivant ? ». Ma réponse est d’une simplicité inouïe : manger et cultiver mon jardin pour produire des légumes. Vous ne pouvez pas imaginer mon bien-être et mon apaisement lorsque je suis dans mon potager, et mon plaisir lorsque je cuisine et me délecte des légumes issus de mon jardin.

Et pour cela, à part de l’envie, de la persévérance et de la conviction, pas besoin de grand chose… La nature, dont nos modes de vie nous ont déconnectés, nous offre le paradis et la magie qu’aucun compte en banque, aussi rempli soit-il, ne pourra nous offrir.

C’est donc décidé, à partir de maintenant, je vais créer le monde dans lequel je souhaite vivre, je vais arrêter d’avoir peur de manquer, peur d’échouer, peur de ce qu’on va dire.

 

Je pense qu’on peut être heureux avec des choses simples et qu’il est vain de dédier son existence entière à se procurer et accumuler des biens futiles, qui ne servent qu’à flatter mon Ego.

Voici donc le récit de mon retour à ma véritable condition d’humain, proche de la terre et de la nature, pour reconquérir la joie de vivre et le plaisir des vraies choses qui ont du sens.

A 30 ans, j’ai donc compris que le matérialisme et l’image ne me rendront pas heureux et que le seul moyen de m’approcher de cet idéal de bonheur – que j’entends comme un état de sérénité intérieure joyeuse -, c’est d’agir au quotidien dans le respect de mes valeurs profondes, de faire des choses qui ont du sens et de dédier ma vie à la création d’un monde plus sain, sage et serein, à commencer par le mien.

Je vous invite donc à suivre mon parcours – et au delà de moi, celui de ma famille – sur le chemin, sûrement long, d’un retour à la terre.

A propos du blog

Itinéraire d'un terrien en transition
Ancien produit classique de la société de consommation "capitaliste", diplômé de grandes écoles et ayant travaillé dans l'une des multi-nationales les plus prisées, j'essaie tant bien que mal de me reconnecter à la terre, au sens propre comme figuré, et de mener une vie mieux alignée avec mes valeurs profondes et mon humanité.

Dans ce blog je partage avec vous mes découvertes et expérimentations sur la permaculture, l'agro-écologie et les techniques de cultures plus respectueuses de l'Homme et de l'environnement.

Je vous invite à partager ce voyage initiatique avec moi et espère que vous serez nombreux à rejoindre le mouvement vers un monde plus sain et sensé.